Cérémonie du 8 mai à São Paulo [pt]

La France a célébré le 72e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

Le Consul général Brieuc Pont a organisé les commémorations du 8 mai au Lycée Pasteur cette année, afin de rendre hommage aux hommes tombés pour la France lors d’une cérémonie émouvante en présence de la communauté française, de la Police Militaire de l’Etat de São Paulo, de l’Association des anciens combattants et d’autorités et représentants consulaires de São Paulo. (Photos : Bruno de Bonneval)

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Voici le discours du Consul général Brieuc Pont à l’occasion :


Monsieur le Consul général d’Allemagne,

Monsieur le Consul général des Etats-Unis,

Monsieur le Consul général de Belgique,

Messieurs les représentants des associations d’Anciens Combattants,

Messieurs les Proviseurs du Colégio Porto Seguro, de la Saint-Paul School et du Lycée Pasteur,

Mesdames et Messieurs,

Chers élèves,

Il y a 72 ans s’achevait en Europe le conflit le plus meurtrier de l’Histoire de l’humanité. Presque tous les pays du monde, à l’exception d’une poignée restée neutre, ont participé à cette guerre qui a elle seule a engendré 80 millions de morts et davantage de destructions que l’ensemble des guerres que l’homme avait livré par le passé. Au-delà de son ampleur, la 2eme guerre mondiale a marqué à tout jamais l’humanité du sceau infâme du génocide, mis en œuvre froidement, méthodiquement, industriellement, d’une population désignée à la vindicte par une idéologie mortifère, le nazisme. 6 millions de Juifs ont été emportés par cette folie meurtrière et sans précédent dans l’histoire de l’Homme, qui a aussi frappé des cibles aussi diverses que les polonais, les slaves, les tsiganes, les roms, les homosexuels, les handicapés.

Cette expérience infernale n’est pas si lointaine. Nos grands-parents, nos parents l’ont connue. Certains parmi nous en ont encore le souvenir. Au fur et à mesure que tournent les pages de notre Histoire, ce souvenir ne doit pas s’estomper. Le temps fait son œuvre, mais celle-ci peut aussi être salutaire. La raison est la première victime de l’émotion et à mesure que cette dernière s’apaise, nous pouvons regarder le passé avec objectivité : nombreux sont les pays, y compris la France, pas seulement l’Allemagne nazie, qui ont œuvré à la persécution des Juifs. Ce travail de mémoire est nécessaire pour comprendre que nul pays comme s’en alarmait Berthold Brecht dès 1941, n’est à l’abri des méfaits de la bête immonde, car le ventre dont elle est issue est toujours fertile.

Primo Levi, témoin de l’Holocauste, nous alerte lui aussi : « il faut se méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voix que celles de la raison ». Hier, les yeux du monde étaient tournés vers la France. Et les Français ont montré de la manière la plus éclatante, par la voix des urnes, qu’ils n’ont pas oublié les leçons de l’Histoire. Que notre République, fondée sur notre devise de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, restait chère à notre cœur. Qu’ils pouvaient se tourner vers l’avenir sans oublier le passé, conscients comme le proclamait le président François Mitterrand, que « le nationalisme, c’est la guerre ».

Dans quelques instants, nous allons nous incliner en mémoire des Français de São Paulo qui sont morts pour la France, mais aussi tombés pour la liberté. Leur sacrifice n’a pas été vain, mais il nous oblige, et nous obligera encore. Nous le ferons aux côtés des représentants des Nations alliées. Nous le ferons aux côtés du consul général d’Allemagne, dont je salue tout particulièrement la présence et dont on oublie trop souvent que de nombreux compatriotes se sont levés contre le nazisme et ont payé le prix de leur courage de la manière la plus cruelle. Des millions de civils et de soldats de par le monde, issus des puissances alliées comme des puissances de l’Axe, ont été emportés par la folie du totalitarisme. Notre recueillement sera aussi en leur mémoire.

Je veux enfin dire mon émotion de voir côte à côte des enfants du lycée français et de l’école allemande de São Paulo, le Colégio Visconde de Porto Seguro : vous représentez l’avenir, celui d’une Europe unie, que nous fêterons demain le 9 mai, celui d’une Europe libre, celui d’une Europe en paix. Ce message, c’est celui que nos morts nous envoient.

Continuons de l’écouter à travers le temps.

Je vous remercie.

Découvrez quelques photos des commémorations en France :

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publié le 11/05/2017

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